Philippe Varin, ancien Président de PSA vient d'être nommé vice-président du Conseil national de l'industrie. Le groupe de réflexion Les Avernes dénonce la politique industrielle de Macron et propose des solutions pour mettre fin au processus de désindustrialisation de la France.

Philippe Varin, ancien Président de PSA à la carrière de liquidateur industriel bien connue, vient d'être nommé vice-président du Conseil national de l'industrie, dont la présidence revient traditionnellement au Premier ministre.
...
Disons-le tout net: mettre fin au processus de désindustrialisation de la France est une nécessité impérieuse, pour notre économie, pour nos territoires, et, plus largement, pour notre souveraineté. Dans ce cadre, il faut, en première analyse, se féliciter des initiatives que les pouvoirs publics prennent en ce sens.

Hélas, ces considérations posées, il faut bien reconnaître qu'en fait de relance de notre industrie, Emmanuel Macron s'inscrit dans la continuité des faiblesses et erreurs du passé. Qu'on en juge.
...
Car, en fait de pedigree, celui de Monsieur Varin plaide peu pour lui-même, plus habitué qu'il fut à vendre à la découpe les entreprises où il est passé sous prétexte de redressement. Mais là n'est pas l'important. Emmanuel Macron, moderne entre les modernes, sacrifie une fois de plus aux exercices convenus qui consistent à aller rechercher de vieilles gloires industrielles, dans le sérail rassurant du corps des Mines, alter ego scientifique à l'inspection générale des finances.
...
Surtout, si l'on veut bien s'extraire de la communication et des services rendus entre seigneurs de la noblesse d'Etat, force est de constater que rien, depuis l'accession d'Emmanuel Macron ne marque de changement tangible visant à traiter les problèmes fondamentaux de l'industrie française. Qu'il soit permis de s'arrêter sur trois points.

Premièrement, la baisse des charges pour les entreprises industrielles, seule capable de restaurer partiellement la compétitive-prix de quantités de nos industries, incapables depuis trop longtemps, contrairement à l'Allemagne, d'accroître à suffisance leur compétitivité hors-prix. En la matière, il n'y a pas de miracle à attendre. Impôts et taxes ne baisseront que quand la dépense publique, à laquelle la France est droguée, sera significativement réduite.
... Emmanuel Macron, dans les pas de François Hollande, ne réforme nullement la France à hauteur des problèmes, il escamote temporairement les problèmes! Charge à ses successeurs de traiter le fond ; en cela rien que très habituel sous la Ve république.

Deuxièmement, à défaut d'esprit classique, familier du «ni oui, ni non, bien au contraire», Emmanuel Macron ne craint pas de plaider pour l'industrie, tout en la fragilisant avec méthode. A ce titre, comment ne pas s'étonner que le pouvoir en place n'ait toujours pas compris le rôle central des industries de défense, qui irradient l'ensemble de notre système technologique et économique? C'est la triste conclusion à laquelle il faut se rendre quand l'on considère, exemple parmi d'autres, l'annulation insensée de 850 millions d'euros de crédits budgétaires sur le PLF 2017, qui a débouché par ailleurs sur une crise inédite aux séquelles profondes entre l'armée et le pouvoir politique.
...
De tout ceci une conclusion émerge: en matière industrielle comme en tant de domaines, plus ça change, moins ça change, et Emmanuel Macron, loin d'être le premier des modernes est bien le dernier des anciens.

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017 ... ntinue.php